Bigeard, vous avez dit Bigeard...
Mort le 18 juin 2010, à l'âge de 94 ans, Marcel Bigeard avait souhaité que ses cendres soient dispersées au-dessus de Dien Bien Phu, le camp retranché des troupes françaises au Vietnam, pour "rejoindre ses camarades tombés au combat", en mai 1954. Refus des autorités vietnamiennes.
Marcel Bigeard, Commandant du 6e bataillon de parachutistes coloniaux, avait résisté jusqu'à la chute de Dien Bien Phu, avant d'être détenu six mois par l'armée vietminh. Son rôle, lors de la bataille d'Alger, en 1957, durant laquelle la torture a été fréquemment pratiquée, est très controversé.
Marcel Bigeard a également été secrétaire d'État à la défense pendant dix-huit mois (1975-1976) sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, puis député de Meurthe-et-Moselle (1978-1988).
On ne fait pas la guerre sans massacres. Il y a des célébrités aux Invalides qu'on n'a pas à honorer, à commencer par Napoléon Ier. Qu'on y installe les restes de Bigeard ne change rien. C'est de la conception même de la France dont il est question. L'opération, conduite par Gérard Longuet, dont on connaît les penchants à droite de la droite, est non seulement politicienne, pour engranger des voix nationalistes, mais elle correspond à une manifestation de la pensée nostalgique et réactionnaire qui regrette le temps de la toute puissance de nos armées. Ce n'est pas, là, la France qu'on aime. Ce n'est pas non plus la France qui de demain, celle qui va venir...